Lutter contre les pathogènes sans produits phytosanitaires

ContexteLutter contre les pathogènes sans produits phytosanitaires

Outre le fondamental problème de la gestion de l’humidité abordé dans cet article, avec la probable interdiction des produits phytosanitaires à court terme, les opérations mécaniques, spécifiques et l’usage de produits de biocontrôle sont amenés à augmenter. Alors comment lutter contre les pathogènes sans produits phytosanitaires ?

Les inquiétudes à ce sujet se font déjà sentir. Des investissement financiers et humains supplémentaires pour les golfs pour un résultat qualitatif probablement inférieur les premières années voilà ce qui est pressenti.

L’inquiétude étant palpable, nous avons voulu rappeler les solutions existantes de manière non exhaustive ainsi que d’insister sur le potentiel des roches volcaniques. Nous espérons de ce fait inspirer les Greenkeepers et les aider à réduire au maximum les pertes en qualité, en argent et en temps.

 

Les phosphonates, produit phytosanitaire controversé

 

La première apparition marquante des phosphonates date des années 60-70. Présents dans l’herbicide mondialement connu “Glyphosate” on remarque rapidement dans ce produit des effets secondaires sur certains pathogènes des plantes.

glyphosate phosphonate

Le glyphosate est un phosphonate

Au départ homologué dans la lutte contre les pathogènes de la classe des oomycètes, l’éthyl-phosphonate a depuis fait ses preuves contre la fusariose froide (Microdochium nivale), le Pythium, le Phytophtora et l’anthracnose.

La capacité d’inhibition des pathogènes et la stimulation des mécanismes de défense des plantes des phosphonates suscite le débat. Un débat décisif sur leur autorisation en agriculture biologique. Bien que déclarés interdits, les phosphonates de potassium figurent bel et bien sur la liste des produits de biocontrôle du ministère de l’agriculture et de l’alimentation.

 

Avantages : Le phosphonate a pour action directe l’inhibition des champignons de type Oomycètes. C’est aussi un éliciteur des défenses naturelles de la plante.

Inconvénients : Les phosphonates ne peuvent pas être utilisés par la plante comme source nutritive. Leur utilisation peut mener à l’apparition de résidus.

Les trichoderma

Souche trichoderma harzianum

trichoderma harzianum

Connus depuis les années 30 pour leur production d’antibiotiques affectant d’autres microorganismes et leur aptitude à agir en tant qu’organismes de biocontrôle, les trichoderma ont depuis révélé bien d’autres secrets.

En effet, ils seraient par ailleurs capables de microparasitisme en perçant et en envahissant les hyphes de Rhizoctonia Solani. Ils sont aussi capables d’antibiose, une action fongistatique à distance qui inhibe la formation des sclérotes chez Botrytis Cinerea et Sclerotinia Sclerotiorum. Enfin, ils entrent en compétition nutritive avec les champignons. Leur occupation est rapide et nécessite peu d’éléments nutritifs par rapport à d’autres champignons.

C’est un champignon symbiotique qui améliore la résistance des plantes aux maladies mais qui stimule également leur croissance et leur productivité. Il est capable de se développer aussi bien dans des sols acides qu’alcalins et est effectif sur de larges gammes d’humidité (10 à 80%)

La capacité de colonisation de la rhizosphère dépend de la souche utilisée. La plupart des trichodermes ne se développent pas en dessous de 2 à 8cm de profondeur. C’est la souche T22 qui semble la plus colonisatrice.

Pour résumer, les mécanismes d’action des trichodermes contre les champignons sont :

 

  • La production d’antibiotiques toxiques pour les champignons cibles et le mycoparasitisme.
  • L’inhibition des enzymes nécessaires aux pathogènes pour pénétrer la surface des plantes.
  • La compétition pour les nutriments.

 

Avantages : Naturel et symbiotique, c’est une solution naturelle parfois efficace

Inconvénients : Il est difficile de prédire avec exactitude l’impact de l’implémentation de Trichoderma dans un sol. Il n’est pas toujours en mesure de protéger efficacement les terrains dans lequel il est présent

Les bacillus

Souche Bacillus subtilis

Les bacillus sont une famille de microorganismes efficace pour lutter contre les maladies fongiques notamment du gazon.

Lorsqu’un élément indispensable à leur développement est présent dans le milieu en quantité insuffisante, l’organisme le plus apte à utiliser rapidement l’élément limitant, ou à le rendre inaccessible aux autres, l’emportera sur ses concurrents.

Avantages : Compétitivité spatiale et nutritionnelle dans la rhizosphère avec les pathogènes

Inconvénients : Utilisation complexe et résultats imprécis

Lutter contre les pathogènes avec alciturf

alciturf est apprécié notamment pour ses hautes capacités de rétention d’eau et sa grande C.E.C mais également pour lutter contre les pathogènes.

Outre les apports à la plante en termes de croissance, il peut également servir à empêcher l’apparition de pathogènes. En effet, non seulement la plante a moins de chance de subir des carences qui la fragilise, mais alciturf constitue une réserve d’eau accessible à la plante en période de sécheresse sans effet mouillé. On peut également citer son effet drainant, limitant les surplus d’humidité qui favorisent la croissance des champignons indésirables. Pour finir, les micropores d’alciturf permettent la nidification de microorganismes. On peut citer par exemple les trichoderma qui devraient bénéficier de cet atout et ainsi renforcer et accélérer leur développement.

 

En résumé alciturf est un matériau simple d’application, complexe de composition mais efficace, sur plusieurs niveaux, aussi bien en curatif qu’en préventif.

Avantages : Un coût réduit. Une capacité de redistribution de l’eau sans effet mouillé qui limite les risques d’apparition des pathogènes. Des usages multiples.

Inconvénients : Il est souvent nécessaire de bénéficier de l’expertise d’un spécialiste en amont pour utiliser correctement le produit. Sa polyvalence est aussi ce qui lui cause parfois préjudice car mal utilisé, alciturf perd en efficacité.

À propos d’alciturf

Alciturf n’est pas une roche volcanique quelconque. Elle répond aux besoins des terrains de sport et c’est grâce à 25 ans d’expérience dans le domaine des matériaux actifs, qu’elle a été choisie.

Dans un souci d’excellence, elle s’accompagne de l’expertise de nos professionnels qui se feront une joie d’établir un diagnostic de votre terrain et d’expertiser la solution la plus adaptée en fonction de vos besoins.

 

Lutter contre les pathogènes sans phytosanitaires

 

Des solutions pour lutter contre les pathogènes existent bel et bien. Encore faut il être en mesure de les déployer ou d’appréhender leurs spécificités.